Une facture impayée fragilise la trésorerie, mais une procédure engagée trop vite avec un dossier incomplet peut faire perdre du temps. Avant toute action, l’entreprise doit vérifier l’existence de la créance, son échéance, les documents contractuels et les éventuelles contestations du client.

À Perpignan et dans les Pyrénées-Orientales, le choix entre négociation, mise en demeure, injonction de payer et assignation dépend surtout de la qualité des preuves et de l’attitude du débiteur. Pour une analyse adaptée, consultez la page Avocat en droit des affaires et droit commercial à Perpignan.

Vérifier la créance avant de réclamer le paiement

Une créance destinée à être recouvrée doit être identifiable et justifiée. Il faut notamment vérifier :

  • l’identité exacte du débiteur et, pour une société, sa dénomination, son siège et son numéro d’immatriculation ;
  • le contrat, le devis accepté, le bon de commande ou les conditions générales applicables ;
  • la preuve de la livraison, de la réception ou de l’exécution de la prestation ;
  • le montant facturé, la TVA, les acomptes et les avoirs éventuels ;
  • la date d’échéance et les conditions de paiement convenues ;
  • les réserves, réclamations ou demandes de correction adressées par le client ;
  • l’existence d’une clause attributive de juridiction, d’une médiation ou d’un arbitrage.

Une facture ne prouve pas toujours, à elle seule, l’exécution de la prestation. Les courriels de validation, bons de livraison signés, procès-verbaux de réception, comptes rendus et échanges techniques peuvent être décisifs. Lorsque le client conteste la qualité ou la conformité, il faut analyser le contrat et répondre précisément avant de choisir la procédure.

Relance amiable et mise en demeure

Une relance rappelle l’échéance et peut résoudre un oubli. Elle doit indiquer la facture concernée, le solde dû et les modalités de règlement. Si elle reste sans effet, une mise en demeure formalise la demande. Elle peut être envoyée par lettre recommandée avec avis de réception ou par un mode permettant d’établir sa réception.

La mise en demeure doit identifier les parties, rappeler l’origine et le montant de la dette, fixer un délai de paiement raisonnable et annoncer les suites envisagées. Il est prudent d’y joindre un relevé de compte et les principales pièces. Un échéancier peut être négocié, mais il doit préciser les dates, montants, conséquences d’un retard et, si nécessaire, les garanties consenties.

Pénalités de retard et indemnité de recouvrement

Dans les relations entre professionnels, les pénalités de retard sont exigibles selon les conditions légales et contractuelles. L’article L. 441-10 du Code de commerce prévoit également une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement due par le professionnel en retard de paiement. Son montant réglementaire est de 40 euros par facture impayée remplissant les conditions.

Le créancier doit vérifier les mentions figurant sur la facture et dans ses conditions générales, le taux applicable et la période de calcul. Si les frais de recouvrement réellement exposés dépassent l’indemnité forfaitaire, une indemnisation complémentaire peut être réclamée sur justification. Les règles diffèrent lorsqu’un consommateur est débiteur.

Quelle procédure choisir ?

La procédure simplifiée des petites créances

Pour une créance n’excédant pas 5 000 euros, intérêts compris, une procédure simplifiée peut être mise en œuvre par un commissaire de justice. Elle suppose l’accord du débiteur sur le montant et les modalités de paiement. En cas de refus ou d’absence d’accord, le créancier conserve la possibilité de saisir le tribunal.

L’injonction de payer

L’injonction de payer est une procédure initialement non contradictoire : le juge statue sur les documents fournis par le créancier sans entendre d’abord le débiteur. Elle peut convenir à une créance contractuelle suffisamment documentée. La requête doit exposer précisément l’origine de la dette, le principal, les intérêts, pénalités et frais réclamés.

Si l’ordonnance est rendue, elle doit être signifiée dans les délais légaux. Le débiteur peut former opposition, en principe dans le mois suivant la signification. Le litige devient alors contradictoire et les parties doivent présenter leurs arguments et leurs pièces à l’audience.

L’assignation en paiement

L’assignation permet d’engager directement un débat contradictoire. Elle est souvent plus adaptée lorsque le débiteur conteste l’exécution, oppose une malfaçon, invoque une compensation ou formule une demande reconventionnelle. La juridiction compétente dépend de la qualité des parties, du montant, de la nature du contrat et des clauses valables.

Une mesure conservatoire peut parfois être envisagée lorsqu’une créance paraît fondée en son principe et que des circonstances menacent son recouvrement. Ses conditions sont strictes et doivent être examinées avant toute initiative.

Délais de prescription : ne pas attendre

Le délai d’action dépend de la relation concernée. Entre commerçants, ou entre commerçants et non-commerçants pour les obligations nées à l’occasion de leur commerce, le délai de droit commun est généralement de cinq ans. Lorsqu’un professionnel agit contre un consommateur pour les biens ou services fournis, le délai est en principe de deux ans.

Le point de départ, les événements interruptifs et les règles spéciales doivent être vérifiés pour chaque dossier. Une simple relance ne produit pas nécessairement les mêmes effets qu’une reconnaissance de dette, une action en justice ou un acte d’exécution. L’ancienneté de la facture doit donc être examinée immédiatement.

Débiteur poursuivi : quels contrôles effectuer ?

Une entreprise qui reçoit une mise en demeure ou une ordonnance ne doit pas ignorer les délais. Elle doit vérifier l’identité du créancier, l’exécution réelle du contrat, les factures et avoirs, les paiements déjà effectués, les pénalités réclamées et la prescription. Toute contestation doit être étayée par des pièces et formulée dans la procédure appropriée.

Une opposition à injonction de payer n’est pas une simple lettre de désaccord : elle entraîne un débat judiciaire. Il faut préparer une chronologie claire, classer les preuves et chiffrer les demandes éventuelles liées à une inexécution ou à un préjudice.

Checklist du dossier de recouvrement

  1. Contrat, devis ou bon de commande accepté.
  2. Conditions générales applicables et preuve de leur acceptation.
  3. Facture et preuve de son envoi.
  4. Bon de livraison, procès-verbal de réception ou preuve d’exécution.
  5. Relances, mise en demeure et avis de réception.
  6. Échanges révélant une reconnaissance ou une contestation.
  7. Extrait d’immatriculation et vérification de la situation du débiteur.
  8. Décompte détaillé du principal, des paiements, intérêts et pénalités.

Questions fréquentes

Une facture suffit-elle pour obtenir une injonction de payer ?

Pas toujours. Le juge examine l’ensemble des justificatifs. Un contrat, un devis accepté, une preuve de livraison ou d’exécution et les échanges avec le client renforcent le dossier.

La mise en demeure est-elle obligatoire ?

Elle n’est pas exigée dans toutes les situations, mais elle est souvent utile pour fixer clairement la demande, établir le retard et tenter une résolution amiable. Le contrat peut aussi prévoir une formalité particulière.

Quel est le délai pour contester une injonction de payer ?

Le débiteur dispose en principe d’un mois à compter de la signification de l’ordonnance pour former opposition. Le point de départ et les modalités doivent être vérifiés sur l’acte reçu.

Que faire si le débiteur est en redressement ou liquidation judiciaire ?

Les poursuites individuelles sont affectées par l’ouverture de la procédure collective. Le créancier doit identifier la décision d’ouverture et déclarer sa créance dans le délai applicable auprès du mandataire ou du liquidateur désigné.

Sources officielles

Ce guide présente des informations générales. La procédure et les délais dépendent de la qualité des parties, du contrat, des contestations et de la situation du débiteur.

Pour examiner les pièces et choisir la procédure adaptée, consultez la page Avocat en droit des affaires et droit commercial à Perpignan.